vendredi, 29 mai 2009

Briefing

Petit état des lieux après environ 15 jours d'activité sur ce nouveau blog :

- la situation s'améliore sur le plan technique puisque je devrais récupérer un PC neuf la semaine prochaine, normalement.

- en revanche, je suis admissible à l'agrégation d'histoire, ce qui va bien m'occuper pendant le mois de juin. Conséquence : l'activité ici sera réduite, peut-être à la hauteur du type de billets que je publiais pour l'instat en attendant de récupérer une nouvelle machine.

- enfin, le billet précédent, grâce à Clarisse et Olivier Kempf, a été publié sur l'Alliance Géostratégique, faisant suite au précédent.

jeudi, 28 mai 2009

L'URSS et l'Europe occidentale (1953-1985)

Cet analyse fait suite au résumé précédent d'un article traitant des relations entre l'URSS à la fin de l'ère stalienne et la construction européenne à ses débuts, entre 1947 et 1953, publié sur le site de l'Alliance Géostratégique. J'étudie ici les rapports entre les deux pôles que sont l'Union Soviétique et l'Europe occidentale entre 1953, année qui voit la mort de Staline, et 1985, qui marque l'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, homme d'Etat qui va conduire l'URSS à de profondes transformations, désirées ou non. Mon propos se découpe en deux parties : d'abord, il s'agit de voir comment la période où Khrouchtchev dirige l'URSS marque un premier tournant dans les relations soviéto-européennes. Ensuite, je verrai comment la période brejnévienne (dans laquelle j'inclus les règnes d'Andropov et Tchernienko entre 1982 et 1985, qui sont dans la continuité) se découpe en deux parties : une phase de détente jusqu'en 1978, puis une nouvelle poussée de guerre froide jusqu'en 1985.

 

I) Krouchtchev : un rendez-vous manqué ? :

 

La disparition de Staline provoque un remaniement du pouvoir en URSS, qui se retrouve prise en main par une direction collégiale : Malenkov, Beria, Molotov et enfin Krouchtchev, qui prend la tête du Parti Communiste d'Union Soviétique (PCUS). La période est très troublée, et la grille d'analyse de l'époque stalienne demeure la référence en matière diplomatique. L'URSS est toujours perçue comme une puissance eurasiatique, le continent européen est donc un enjeu crucial : l'Europe, et la construction européenne, sont considérées comme hostiles. La crainte du renouveau d'un militarisme allemand est patente : l'URSS s'inquiète ainsi de la réincorporation d'anciens Waffen-SS dans la Bundeswehr, mais aussi du leadership d'Adenauer, que l'on croit animé d'un violent sentiment anticommuniste. Pire encore : l'Allemagne de l'Ouest s'incorpore progressivement au bloc américain. Jusqu'en 1955, l'Europe constitue une menace pour l'URSS, même si les tenants de la ligne dure, Molotov et Krouchtchev, sont balancés par Beria, ouvert à de nouvelles approches. Celui-ci est favorable à une coexistence pacifique qui ne dit pas encore son nom avec l'Occident, et même à une éventuelle réunification de l'Allemagne : ce faisant, il heurte la doxa stalinienne très attachée à l'intégrité du glacis hérité de la Seconde guerre mondiale, et cela le conduit à sa chute en juillet 1953. Cependant, la position soviétique évolue dès 1955 sous l'influence de Krouchtchev. L'échec de la conférence de Berlin, l'intégration de la RFA dans l'OTAN et la naissance du pacte de Varsovie montrent pourtant que la situation demeure tendue. Mais la même année, le traité autrichien met un terme à l'occupation du pays, tandis que la conférence de Genève en juillet décrispe les relations est-ouest. Krouchtchev cherche en fait à faire reconnaître l'intangibilité du glacis soviétique en Europe de l'est, ce qui implique une reconnaissance mutuelle des deux Etats allemands. Adenauer vient finalement en URSS pour discuter, notamment, du rapatriement des derniers prisonniers allemands retenus dans les camps soviétiques.

Le véritable tournant se situe pourtant dans le XXème congrès du PCUS en 1956. La dénonciation des crimes staliniens constitue une véritable révolution en interne pour l'URSS. Mais elle a aussi des conséquences à l'extérieur : Krouchtchev avance ici sa doctrine de la "coexistence pacifique", qui veut en fait déplacer l'affrontement est-ouest du hard power (que j'entends au sens militaire) au soft power (confrontation économique relevant encore du hard power, et surtout culturelle), sauf pour les zones en voie de décolonisation où l'URSS s'investit massivement, dans le monde arabe et en Afrique surtout. L'URSS se mondialise et non contente de fournir à sa population un brevet de supériorité du socialisme sur le capitalisme, elle apporte de nouveaux fondements au legs stalinien. Cela passe par un dialogue privilégié avec les Etats-Unis, où Krouchtchev se rend en 1959 ; l'installation du téléphone rouge survit aux crises du début des années 60, et un traité sur l'interdiction des essais nucléaires est signé en 1963. Cette nouvelle relation est d'autant plus importante pour l'URSS que les rapports avec la Chine de Mao se dégradent : celui-ci est en effet mécontent de la politique de déstalinisation introduite en 1956, et par ailleurs, la Chine fait figure de modèle alternatif pour les pays décolonisés. La question européenne reste primordiale, puisqu'à côté d'un développement d'importantes capacités nucléaires militaires, l'Armée Rouge conserve et accroît un vaste dispositif de forces conventionnelles tourné contre l'Europe de l'Ouest. L'atlantisme est particulièrement craint à Moscou : la doctrine de "représailles massives" adoptée par les Etats-Unis en 1956 conduit à l'installation d'armes nucléaires en Europe. L'URSS a pour objectif, par contrecoup, de freiner l'unification européenne. La doctrine est donc offensive, même dans le cadre de la coexistence pacifique : l'accroissement des échanges économiques avec l'Europe sert ainsi à contourner le refus de transfert de technologies de la part des Etats-Unis.

Krouchtchev met en place une politique de séduction en rompant avec l'image austère de Staline : nombreux déplacements extérieurs, utilisation abondante des média... le but est de discréditer l'Europe communautaire, en défendant par exemple des thèses paneuropéennes ou en avançant l'idée d'un désarmement est-ouest qui passerait par l'ONU. D'un autre côté, l'URSS veut promouvoir l'interdiction des essais nucléaires, ce qui est logique puisque l'équilibre lui est alors défavorable en matière d'armements de ce type. Mais la diplomatie soviétique, particulièrement active entre 1956 et 1964, ne débouche pas sur beaucoup de résultats, tout comme l'approche dite "nationale". Le maillon faible de l'Europe semble être en 1955 l'Italie, où le démocrate-chrétien de gauche Giovanni Gronchi a été élu président de la République. L'URSS échoue cependant à la détourner de l'Europe, même en passant par l'enjeu pontifical (la Papauté est approchée pour servir de "caution morale" au désarmement). Moscou se tourne alors vers la France : le retour du général De Gaulle au pouvoir est bien perçu par les Soviétiques, qui font profil bas sur la question de la guerre d'Algérie. Mais la politique extérieure avancée par De Gaulle est loin de satisfaire l'URSS, d'autant plus que celui-ci reste indéfectiblement attachée à l'Alliance atlantique. C'est finalement avec la Grande-Bretagne que les liens sont les plus étroits : si au plan politique les positions restent éloignées, Londres devient rapidement le deuxième partenaire économique de l'URSS. En revanche, avec la RFA, les relations sont tendues : à la question des prisonniers allemands s'ajoute celle des citoyens soviétiques de nationalité allemande qui ne peuvent émigrer. Un rapprochement s'opère pourtant sur ces questions en 1958. Mais Krouchtchev s'arc-boute sur la reconnaissance de la RDA par l'Occident, et impose un ultimatum le 27 novembre 1958 : rattachement de Berlin-Ouest à la RDA ou instauration du statut de ville libre sous contrôle de l'ONU. La démarche écorne l'image de "pacifiste" que s'était construit Krouchtchev depuis la mort de Staline ; à la conférence de Genève, en mai 1959, il ne pousse cepandant pas son avantage alors qu'à la position très ferme des Français et des Allemands s'oppose une ligne plus modérée des Anglais et des Américains. Mais le leader soviétique, confronté à une opposition interne qui l'adjure d'être plus ferme, rompt les négociations en 1960, prenant prétexte de l'incident de l'avion-espion U-2 de Gary Powers, abattu au-dessus de l'URSS par la défense anti-aérienne soviétique. S'ensuit la construction du mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961.

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Ces événements font taire toute dissension dans le camp occidental : le pari de Krouchtchev a échoué. Le résultat est sans commune mesure avec les espoirs placés dans la nouvelle politique européenne. Cet élément contribue parmi d'autres à la chute de Krouchtchev, évincé le 13 octobre 1964 et remplacé par un nouvelle direction collégiale, qui à son tour avance une nouvelle orientation à l'égard de l'Europe.

 

II) L'ère brejnevienne : le retour du dilemme européen :


La troïka qui supplante Krouchtchev rassemble Brejnev, Kossyguine et Podgorny et opère des changements de pure forme : le XXIIIème congrès du PCUS adopte en mars 1966 adopte le Politburo en sus du Praesidium, et le Premier Secrétaire devient le Secrétaire Général du PCUS. L'Europe passe au rang de pôle familier et démythifié dans les années suivantes. L'URSS affiche clairement sa volonté d'être une puissance mondiale : Kossyguine se déplace en Corée du Nord et au Nord-Viêtnam en 1965, et dans d'autres régions en voie de décolonisation. De nouveaux instituts sont créés en URSS pour explorer les possibilités d'action à l'étranger comme celui d'Extrême-Orient inauguré en 1966. Dans les années 70, Brejnev crée un réseau d'Etats-clients sur le continent africain : Ethiopie, Angola, Mozambique, auquel vient s'ajouter Cuba près des Etats-Unis, pays avec lequel les liens sont renforcés. Cette politique se base sur le facteur militaire, puisque la parité avec les Etats-Unis est quasiment atteinte à la fin des années 60 et au début des années 70 : on a donc un retour direct au hard power pur et dur. D'ailleurs le président Johnson et Kossyguine commencent à discuter sur la limitation des armes nucléaires stratégiques. La signature de SALT 1 en mai 1972 et le règlement conjoint de la crise du Kippour en octobre 1973 contribuent à faire des deux puissances des partenaires obligés.

L'Europe est pourtant toujours considérée comme hostile à la fin des années 60, d'autant plus que le bloc de l'est en Europe connaît un ralentissement économique et politique qui contraste avec le dynamisme communautaire. L'URSS plaide pour un retrait des troupes américaines d'Europe, qui n'intervient pas. Une confrontation intellectuelle oppose d'ailleurs le Département International du PCUS, qui voit l'affrontement est-ouest sous un angle idéologique, à l'IMEMO (Institut de l'Economie Mondiale et des Relations Internationales), partisan d'une lecture plus réaliste. Brejnev prononce un discours devant le Politburo le 7 janvier 1969 qui cautionne cette dernière analyse. Brejnev est soutenu par toute une génération de dirigeants dont Gromyko, ce qui révèle une première faille dans l'armature idéologique de l'URSS, puisque celle-ci n'est plus convaincue de la supériorité intrinsèque du modèle socialiste sur le capitalisme. Le mouvement est appuyé par les organismes économiques comme le Commerce Extérieur, préoccupé par la situation dégradée de l'URSS sur le plan économique, justement. L'importation de biens manufacturés en provenance de l'Occident s'accélère, ce qui constitue un remède aux faiblesses soviétiques mais aussi un facteur de dépendance. Le dialogue franco-soviétique ouvert avec le voyage du général De Gaulle à Moscou en 1966 se poursuit sous Georges Pompidou. Les relations se décrispent avec Willy Brandt et la RFA quand celle-ci adhère au traité de non-prolifération nucléaire en 1969 ; le traité germano-soviétique sur la ligne Oder-Neisse est signé en août 1970.

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Pourtant, la méfiance à l'égard de l'Europe subsiste, notamment au sein du KGB et chez son directeur, Andropov, qui reproche vigoureusement l'influence culturelle occidentale sur la jeunesse soviétique, l'impact des dissidents et une forme de "subversion passive" prêtée à l'Europe. Pourtant, en URSS, les principaux mouvements de résistance sont alors plutôt nationalistes. Le mouvement pour la défense et la promotion des droits de l'homme est le plus marqué par les références occidentales : c'est particulièrement visible dans l'oeuvre d'Andreï Sakharov. Pourtant, la réflexion tourne surtout autour d'un héritage proprement russe : soit le retour à un marxisme-léninisme authentique (général Grigorenko, frères Medvedev), soit la rupture avec la "fausse modernité" et l'avènement d'une nouvelle Russie orthodoxe (Soljenitsyne). On retrouve là l'opposition classique du XIXème siècle entre occidentalistes et slavophiles, ce qui est en soi assez intéressant sur les permanences de l'histoire russe. Si les modalités du changement sont donc âprement discutées, tous s'entendent néanmoins pour faire de l'Europe un témoin de leur combat. Les premiers groupes de pression en faveur des dissidents soviétiques se constituent d'ailleurs à la fin des années 60 en Europe ; des mouvements spirituels naissent aussi, spécialement en faveur des Juifs soviétiques et de leur émigration en Israël ; enfin les radios comme Radio Free Europe et les maisons d'édition publiant les oeuvres des dissidents participent de cette action offensive. Pour l'URSS, le dilemne est à l'orée des années 70 le suivant : comment s'ouvrir à l'Europe pour en tirer des profits économiques et techniques tout en évitant la "contamination" idéologique ?

Brejnev avait défini trois objectifs par rapport à l'Europe occidentale : instaurer un climat de confiance pour distendre les liens avec les Etats-Unis ; sanctionner l'ordre territorial hérité de la Seconde guerre mondiale ; développer les échanges économiques et commerciaux. Durant la période 1964-1970, ce sont les échanges économiques qui se développent, mais cela est sans commune mesure avec la décennie précédente : 13 % des échanges extérieurs se font avec l'Europe dans les années 70, et d'abord avec la RFA. Sur le plan diplomatique, l'engagement plus agressif des Américains au Viêtnam ou à Saint-Domingue permet à l'URSS de trouver un terrain d'entente avec l'Europe : la critique de l'action américaine dans le monde. Cet antiaméricanisme se double d'un nouvel appel à une conférence paneuropéenne. L'URSS reste méfiante à l'égard de la RFA, mais un dialogue privilégié s'installe pourtant au sein de l'Europe entre celle-ci, la France, et l'URSS. La France refuse pourtant de renouveler un traité d'amitié et de non-agression identique à celui qui avait été signé en 1944. Concernant la RFA, l'URSS est très favorable à partir de 1970 à l'Ostpolitik de Willy Brandt qui débouche sur la reconnaissance mutuelle de la RFA et de la RDA en 1972. L'URSS a donc réussi, cette fois, dans sa politique d'ouverture à l'Europe occidentale. En revanche, elle a dû faire des concessions aux Etats-Unis puis à l'Europe dans la préparation et la négociation de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération (CSCE) en Europe d'Helsinki. Lancée par Molotov dès 1954, l'idée ne se concrétise que dans les années 1965-1972 par des préparations intensives sur le terrain diplomatique. L'Europe reste alors méfiante, mais en 1966 l'Italie annonce qu'elle y est favorable dans le but de desserrer l'étau sur le bloc de l'est sous contrôle soviétique. L'OTAN donne également un accord de principe en juin 1968 et la conférence elle-même s'ouvre en novembre 1972.


L'URSS a alors déjà obtenu l'une de ces demandes, la reconnaissance des frontières héritées de la Grande Guerre Patriotique. Elle tient pourtant à la CSCE afin d'arracher un traité international garantissant à la fois cette emprise territoriale mais aussi la domination de l'URSS sur cet ensemble. Mais il s'agit aussi d'accentuer la distance entre l'Europe communautaire et les Etats-Unis, et surtout de dépasser le Marché Commun européen par une autre coopération économique. Les négociateurs soviétiques connaissent cependant des difficultés au cours des discussions : le bloc soviétique n'est pas uni puisque la Yougoslavie et la Roumanie commencent dès le début à émettre des réserves sur les positions de Moscou. Par ailleurs, les Occidentaux cherchent à avancer sur la question des libertés et des droits fondamentaux, ce que veulent absolument éviter les Soviétiques. Pour contrer ces tendances centrifuges et centripètes, Moscou prévoit des garde-fous : la deuxième conférence de Crimée en 1972 réaffirme la nécessité de l'unité socialiste et la prééminence du modèle soviétique. Une reprise en main du bloc soviétique par le renforcement du caractère intégrateur s'amorce donc, dans la lignée de l'écrasement de la révolte de Prague en 1968. En interne, la lutte contre la dissidence politique et religieuse est renforcée dès le début des années 70. Deux formes nouvelles de répression voient le jour : l'enfermement en hôpital psychiatrique (général Grigorenko) et le bannissement (J. Medvedev par exemple). Les conditions carcérales sont durcies puisque les prisonniers politiques sont transférés dans la région de Perm, particulièrement inhospitalière.

Cependant, si la démarche vise à désamorcer toute entrave aux objectifs soviétiques dans la CSCE, l'URSS ne peut empêcher l'ingérence occidentale dans ses affaires intérieures. Trois "corbeilles" sanctionnent la conférence : une sur la sécurité, une autre sur la coopération économique et financière, et la dernière sur les droits de l'homme dans les pays de l'Est. Pour la première corbeille, la diplomatique marque des points, même si elle fait trois concessions : les frontières européennes sont "inviolables" et non pas "intangibles", on affirme le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, mais surtout tout mouvement de troupes sur une frontière doit être notifié par une déclaration officielle. En revanche, les Soviétiques ne parviennent pas à entamer l'entente de l'Europe occidentale et plus grave encore, les concessions sur les droits de l'homme provoquent un renouveau des contestations en 1976-1977 se réclamant explicitement d'Helsinki,  et impulsées par la référence occidentale. L'échec de la diplomatie soviétique est ici certain. Dans le même temps, les Partis Communistes d'Europe occidentale se détachent de plus en plus de l'orbite moscovite en reconnaissant la construction européenne. L'URSS durcit donc le ton à partir de 1978-1979 : arrestation d'opposants et de certains négociateurs des accords d'Helsinki, qui s'ajoutent à l'invasion de l'Afghanistan en 1979 et à la grave crise polonaise de 1980-1981. L'installation des missiles SS-20 en Europe met celle-ci face à une vulnérabilité certaine en cas de conflit ; l'installation de missiles américains est contrée par l'URSS qui active des leviers traditionnels, noyautant par exemple des mouvements écologistes antinucléaires. En juin 1982, la sociale-démocratie allemande se prononce d'ailleurs contre l'installation des missiles américains. Il faut l'arrivée du leader de la CDU, Helmut Kohl, au pouvoir, en octobre 1982, pour débloquer la situation. L'URSS brise aussi les vélléités d'indépendance du PCF en entraînant la faillite de ce que l'on a appelé "l'eurocommunisme". La nouvelle agressivité des Soviétiques contre l'Europe entre 1978 et 1985 se heurte donc à un mur, puisque le camp occidental retrouve sa cohésion autour des missiles Pershing et de l'Initiative de Défense Stratégique (IDS) de Reagan, lancée en mars 1983. Le projet était-il vraiment viable ? La question reste discutée, mais ce que l'on peut affirmer, c'est qu'il provoque un choc dans la direction soviétique qui se rend bien compte qu'elle doit affronter là un défi impossible à relever. L'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev en mars 1985 et les premières mesures de réformes marquent bien la défaite de l'URSS.

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La période 1953-1985 se résume finalement par le changement de nature des relations entre l'Europe et l'URSS. Face à des échecs diplomatiques et à une économie en perte de vitesse, la direction brejnévienne a misé sur l'ouverture et la détente, qui ont en retour menacé le régime soviétique de l'intérieur. La réponse à ce problème conduit à des solutions contradictoires, dans le contexte d'une nouvelle poussée de la guerre froide à partir de la fin des années 70. Le règne de Gorbatchev tranchera finalement ce noeud gordien, mais en faisant disparaître, à terme, l'URSS elle-même.



 

Cet article est tiré du chapitre 9 "L'URSS et l'Europe occidentale de 1953 à 1985 entre coopération, partenariat et subversion."(p.277-331), de l'ouvrage de Marie-Pierre REY, Le dilemme russe. La Russie et l'Europe occidentale d'Ivan le Terrible à Boris Eltsine, Paris, Flammarion, 2002, 354 p. Pour ceux qui préparent les concours en histoire-géo (CAPES et agrégation), cet ouvrage figure dans la bibliographie d'Historiens et Géographes pour le sujet d'histoire contemporaine (n°1017).

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Pour creuser un peu sur les relations entre l'URSS et son glacis en Europe de l'est de 1945 à 1991 :


Jean-François SOULET, Histoire de l'Empire stalinien. L'URSS et les pays de l'Est depuis 1945, Paris, Le Livre de Poche, 2000, 252 p. (ce n'est toutefois qu'une synthèse assez réduite, et le parti pris de l'auteur est très marqué par l'école historiographique dite totalitaire qui met surtout l'accent sur les errements, massacres et abus de l'URSS).

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mercredi, 27 mai 2009

Un hélicoptère MD 500 Defender kenyan abattu par les islamistes somaliens ?

home270509_01.jpgUn hélicoptère militaire kenyan s'est écrasé hier près de la frontière somalienne, blessant trois soldats qui se trouvaient à bord. Il s'est écrasé près de la ville frontalière d'Hulugho, lors d'un vol de patrouille. L'un des blessés est le colonel Muteti toujours soigné à l'hôpital, avec les deux pilotes également blessés dans l'incident. L'hélicoptère avait décollé de la base de Kiyungi ouverte en 2006 après la prise de Mogadischio par les Tribunaux Islamiques. A 17 km d'Hulugho se trouve la ville frontalière somalienne de Kolbio, tenue par les miliciens islamistes d'al-Shabaab.

Les autorités ont d'abord parlé d'un problème mécanique, mais d'autres sources évoquent de possibles tirs sur l'appareil, un Hughes MD 500 Defender de construction américaine, qui patrouillait avec un autre hélicoptère similaire. Bien que légèrement blindé, cet hélicoptère est normalement bien armé avec des mitrailleuses et des paniers de roquettes. Le Defender s'est écrasé sur le mur d'enceinte du commissariat de police d'Hulugho.

Cet incident intervient alors que les milices islamistes radicales somaliennes, notamment celle du mouvement al-Shabaab, mènent une offensive de grande ampleur contre le gouvernement somalien de transition (TFG). Or trois jours plus tôt, un clerc somalien  réfugié dans le camp kenyan d'Ibo avait été enlevé par 4 assaillants cagoulés qui l'avaient emmené dans un véhicule en direction de la Somalie. Le clerc était connu pour ses sermons dénonçant les activités d'al-Shabaab dans la mosquée du camp de réfugiés. On sait que les insurgés islamistes n'ont pas hésité par le passé à s'installer au sein de la zone frontalière du Kenya, dans la province nord-orientale. Le Kenya a d'ailleurs renforcé son dispositif militaire à la frontière après l'intervention éthiopienne de 2006 qui avait mis fin au régime des Tribunaux Islamiques. Le renseignement militaire kenyan suit d'ailleurs de près les combats en Somalie ; trois garnisons accueillent les soldats à la frontière, Mandera, Garissa et Wajir.


Les Kenyans craignent surtout les revendications autour de la "Grande Somalie" (récupération de toutes les terres sur lesquelles vivent des populations de langue somalie) professés par les islamistes radicaux de al-Shabaab et Hibu Islam. Le cheikh Aweys, chef spirituel de ces mouvements, ne cache pas son intention d'annexer les zones concernées au Kenya et en Ethiopie (province de l'Ogaden). Les réseaux financiers qui alimentent al-Shabaab se situent d'ailleurs pour la plupart au Kenya, pays qui sert aussi de plaque tournante pour le trafic des armes légères à destination des islamistes somaliens.

PIX1.jpgPendant ce temps, en Somalie, les combats continuent après un week-end qui a vu pour la première fois l'utilisation d'un attentat-suicide par les islamistes (7 morts dans l'explosion d'une voiture kamikaze, 6 policiers et 1 civil). Les combattants islamistes, dont certains ont été recrutés à l'étranger, utilisent maintenant des IED (Improved Explosive Devices) commandés à distance par des téléphones portables. Le cheikh Aweys, quant à lui, a déclaré que l'Erythrée soutenait l'offensive en cours contre le gouvernement somalien (sur le rôle de l'Erytrée, voir ici). Pour l'instant les 4 300 soldats de l'Union Africaine présents en Somalie (Burundi et Ouganda) se contentent de protéger les installations gouvernmentales de Mogadischio.

 

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Jean SELLIER, Atlas des peuples d'Afrique, Paris, La Découverte, 2005, 208 p.

9782707147431.jpgVoilà un ouvrage indispensable pour se mettre l'histoire et la géographie du continent africain dans la tête, et combler ses lacunes -qui étaient nombreuses pour moi.

L'auteur, Jean Sellier, justifie dans son avant-propos l'emploi du mot peuple pour contrebalancer l'usage actuel, dénaturé, du terme ethnie. L'analyse tourne d'ailleurs autour des langues parlées en Afrique, au nombre de 1 500 environ. L'ouvrage se focalise également sur l'histoire du continent avant la colonisation et pendant la période contemporaine, au moment de l'après-décolonisation, pour éviter de tomber dans le travers occidental qui consiste à ne parler, justement, que de la colonisation et de ses suites (chronologiquement la répartition est de 40 % pour la période pré-coloniale, 20 % pour la période coloniale, et 40 % pour la période post-coloniale).

75 cartes illustrent une présentation d'abord historique de l'ensemble du continent, puis une analyse régionale en 6 secteurs : vallée du Nil, Ethiopie et ses voisins, Maghreb, Afrique de l'Ouest, Afrique bantoue et enfin Madagascar et les îles. La lecture est parfois un peu fastidieuse puisque on trouve une histoire par pays, par exemple, dans la période post-coloniale, un peu répétitive parfois dans la forme. Mais il faut bien en passer par là pour acquérir les bases sur ce continent, et j'ai découvert beaucoup de choses relatives à l'histoire de certains Etats que j'ignorais complètement. Une bibliographie sélective par zone géographique permet de creuser la question si besoin.

mardi, 26 mai 2009

Abidjan : une "forteresse assiégée" ?

C%C3%B4te_d%27Ivoire-carte.pngDe folles rumeurs circulent depuis plusieurs jours en Côte-d'Ivoire : des éléments armés seraient partis du Bénin pour entrer dans le pays le 17 mai, et encercler la ville d'Aboisso qui leur servirait de base arrière. Objectif : encercler une autre localité où des armes seraient déjà stockées. Les deux chefs menant les deux colonnes de l'opération seraient un ressortissant du Bénin et un Ivoirien du nord, anciens déserteurs de l'armée de Côte-d'Ivoire, anciens participants au coup d'Etat manqué de septembre 2002. Celle-ci a d'ailleurs renforcé son dispositif à la frontière, imité par le Ghana de l'autre côté de cette dernière.

Un autre article de ce jour présente quant à lui une version amphibie de l'opération, destinée à s'emparer de Grand-Bassam (la ville où sont stockées les fameuses armes) puis à prendre Abidjan. Le but étant de décapiter l'Etat et l'armée très rapidement pour prendre le pouvoir.

Alors info ou intox ? Difficile de le dire à cette distance qui est la nôtre, mais il semblerait que le régime de Laurent Gbagbo n'en soit pas à son coup d'essai sur ce genre de rumeurs destinées à détourner l'attention, évidemment.

Les FDLR et la LRA toujours actives dans l'est de la RDC

soldats_fdlr_montagnes.jpgLa rébellion ougandaise LRA (Lord Resistance Army) a tué deux personnes dans la ville de Dungu hier 25 mai 2009. L'incident a provoqué le déploiement de forces de la MONUC, la mission des Nations Unies en RDC, tandis que les forces armées congolaises (FARDC) se lançaient à la poursuite des agresseurs. C'est la troisième attaque de ce genre à Dungu depuis le début du mois de mai, avec au total une dizaine de tués dont 1 rebelle de la LRA abattu pendant une fusillade par des civils. Les rebelles ont incendié des maisons et volé des tentes et autres couvertures fournies par les ONG aux populations locales. L'Armée de la Résistance du Seigneur, une rébellion ougandaise opposée au président Museveni, opère dans le nord de l'Ouganda, au Soudan et en RDC surtout depuis le début des années 2000 ; elle est connue pour ses exactions et le recrutement massif d'enfants-soldats.

Pendant ce temps, dans le Masisi, région du Kivu, un camion transportant des civils a été pris sous le feu des FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda), à l'origine des Hutus rwandais exilés dans l'est de la RDC depuis la fin de la guerre civile au Rwanda, le tromphe tutsi et le génocide de 1994. 16 personnes ont trouvé la mort sous les balles des Hutus. Un village avait été précédemment attaqué dans le même secteur, un maître d'école étant sommairement abattu. Dans le Bukavu, autre région du Kivu, un autre camion de transport a été attaqué : 7 civils et 3 militaires ont été tués et 8 autres blessés. L'embuscade a eu lieu près du parc de Kahuzi Biega, où les assaillants ont été poursuivis par les FARDC. On ne peut pas dire pour l'instant si cette dernière attaque est le fait là encore des FDLR ou s'il s'agit d'un geste fratricide, puisque certains témoins pointent du doigt une unité militaire installée à proximité du parc.

Ces attaques montrent que les FLDR, censées avoir été éradiquées par l'offensive conjointe des FARDC et de l'armée rwandaise suite à l'épisode "Laurent Nkunda" (automne 2008-janvier 2009), sont en fait toujours bien présentes dans l'est de la RDC, constituant le même potentiel déstabilisateur qu'auparavant. Tant que ce problème n'est pas résolu, que ce soit militairement ou par d'autres moyens, la paix n'est pas prête de revenir dans la région.

D'après cet autre article, le Kivu est non seulement victime des FDLR, mais aussi des ex-soldats rwandais du CNDP (l'ancien parti de Laurent Nkunda) intégrés dans les FARDC et qui commettent de nombreuses exactions sur la population locale. L'embuscade en lisière du parc de Kahuzi Biega serait ainsi le fait d'ex-miliciens du CNDP.


lundi, 25 mai 2009

L'enfer d'Adam ; coke en stock

10158.jpgIntéressant témoignage que celui de cet enfant algérien recruté par les islamistes au Royaume-Uni.

- les réseaux logistiques et de soutien des anciens GIA semblent être passés au GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat).

- le recrutement se fait dans ou à proximité des mosquées, lieux stratégiques à n'en pas douter.

- importance de la pression pour subir un entraînement à l'étranger (Pakistan) en vue de commettre des attentats, combinée à un lavage de cerveau (vidéos passées en boucle sur l'Irak notamment).

- choix de cibles faciles car rencontrant des difficultés (famille décimée ou victime de la misère, problèmes de scolarisation).

- le GSPC tente de recruter à l'étranger en se parant du label al-Qaïda, faute peut-être d'un recrutement local suffisant ?

 

A lire aussi cet autre article sur la consommation de cocaïne en Algérie, limitée pour l'instant aux milieux fortunés en raison de son prix exorbitant, et qui aurait tendance à se démocratiser dans un délai de quelques années. Les trafiquants sont d'ailleurs en train de se réorienter du cannabis à la cocaïne, en cheville avec les cartels colombiens. Ceux-ci cherchent à contourner les frontières européennes plus difficiles à franchir en passant par l'Algérie. L'activité est d'ailleurs liée à l'immigration clandestine, pour le malheur, souvent, des clandestins qui veulent franchir le pas. La cocaïne arrive également d'Afrique subsaharienne : Cap-Vert, Niger, Mauritanie.


Dernier article enfin sur le démantèlement d'un réseau de stupéfiants portant sur le cannabis entre l'Algérie et le Maroc, par le moyen de containers.

Les rebelles du JEM sur le pied de guerre

img_6844.jpgL'armée soudanaise dément aujourd'hui la prise de la cité d'Um Baru, près de la frontière avec le Tchad, par le mouvement rebelle du Darfour JEM (Mouvement pour la Justice et l'Egalité).

Le 17 mai, le JEM avait capturé la ville de Kornoi, à 50 km à l'ouest d'Um Baru, dans l'Etat du Nord-Darfour, bousculant deux brigades de l'armée soudanaise. Khalil Ibrahim, le chef du mouvement, a assuré vouloir contrôler l'ensemble de la région et ses trois capitales régionales. L'armée soudanaise quant à elle annonce que l'armée de l'air a repoussé l'offensive rebelle tout en lui infligeant de lourdes pertes.

Ce regain d'activité du JEM intervient quelques semaines à peine après la grande offensive de la rébellion tchadienne, l'UFR (Union des Forces de la Résistance), contre le président du Tchad Idriss Déby. L'armée tchadienne a brisé l'offensive rebelle, mais les relations entre le Soudan et le Tchad se sont gravement détériorées depuis, chaque pays accusant l'autre d'avoir mené des raids aériens sur son sol contre ses rebelles respectifs, pour ainsi dire. Des observateurs indiquent également que le JEM serait en train de se réarmer et de réorganiser.


grande-1395275-1847873.jpg?iboxLes affrontements auraient fait 20 morts et 31 blessés dans les rangs de l'armée soudanaise, tandis que 43 rebelles auraient péri et 54 seraient blessés. Le JEM se prépare maintenant à la contre-offensive d'unités mobiles de l'armée soudanaise qui ont quitté leur base d'al-Fashir, l'une des capitales régionales du Darfour.


Pour aller plus loin :

- "The Chadian Civil War in Sudan (1-2)", The Sudan Tribune, 20 mai 2009.

dimanche, 24 mai 2009

L'Erythrée en eaux troubles

Erythree_carte.pngL'Erythrée tente en vain, depuis l'insurrection islamiste dans Mogadischio et le reste de la Somalie, de faire taire les critiques portant sur les livraisons d'armes effectuées pour le compte des insurgés somaliens. Il est pourtant notoire que le gouvernement érythréen achemine des armes par avions-cargos entiers dans la capitale somalienne : AK-47, RPG, etc.

Le gouvernement somalien presse d'ailleurs Asmara de mettre un terme à ces livraisons. L'ONU et des observateurs régionaux ont signalé de longue date ce phénomène. L'Erythrée est en effet devenue la base arrière des exilés somaliens après le renversement des Tribunaux Islamiques en 2006, suite à l'intervention armée de l'Ethiopie, adversaire farouche de l'Erythrée puisque celle-ci est justement issue d'une sécession avec ce pays. Mais l'Erythrée avait déjà effectué des livraisons d'armes pendant le régime même des Tribunaux Islamiques, en Somalie, pendant l'année 2006.

Examinons un peu dans le détail certaines de ces expéditions d'armes de l'Erythrée en 2006 :

- au moins 28 envois en 2006, sans parler des soldats fournis et de l'entraînement militaire accordé aux Tribunaux Islamiques.

- 26 avril 2006 : un dhow débarque des AK-47, des mitrailleuses PKM et des RPG.

- 6 mai 2006 : un Antonov de l'Erythrée débarque des canons anti-aériens qui sont transportés à terre dans des camions convoyés également dans l'appareil.

- 19 juin 2006 : un dhow achemine 24 lance-roquettes antichars M-72 Law, 1 200 mines antichars et 4 000 grenades F1, plus d'autres équipements militaires et des munitions.

- 30 juin 2006 : un navire de l'Erythrée convoie 50 mitrailleuses lourdes DShK, 50 mortiers de 82 mm, 3 000 AK-47 et 1 000 caisses de munitions.

- 17 juillet 2006 : un autre navire érythréen achemine 50 mitrailleuses lourdes DShK, 30 mortiers de 82 mm, 2 000 AK-47 et 100 RPG-7.

- 20 juillet 2006 : un Airbus de l'Erythrée livre des canons sans recul B-10, des mitrailleuses lourdes, des mitrailleuses PKM, des AK-47, des G3A3, des mitrailleuses Browning cal.30, des mortiers de 120 mm, des grenades à fusil, entre autres.

- 23 juillet : un autre appareil érythréen décharge 50 lance-missiles antichars et MANPADS sophistiqués, 100 RPG-7, 540 AK-47, 94 fusils d'assaut FAL, 106 mitrailleuses PKM, des mitrailleuses lourdes DShK et des canons anti-aériens ZSU-23.

 

A travers cette liste, non exhaustive, on mesure l'ampleur du commerce des armes dans le conflit somalien.


L'Erythrée est aussi, par conséquent, en mauvais termes avec Washington, alors que le pays avait pourtant traqué les islamistes à la fin des années 90, dans la zone frontalière avec le Soudan. Le pays ne reconnaît pas, d'ailleurs, le gouvernement somalien actuel. Les observateurs pensent que l'Erythrée mène une guerre par procuration en Somalie afin de détourner l'Ethiopie de toute velléité de revanche de la guerre d'indépendance.

Un groupe de l'ONU avait rapporté d'importantes livraisons d'armes entre décembre 2006 et juin 2007, c'est à dire au moment où les miliciens d'Al-Shabaab commençait à s'organiser pour passer à la guérilla contre l'armée éthiopienne. Ces livraisons comprenaient notamment 6 missiles sol-air MANPADS SA-18 dont l'un a été utilisé pour abattre un avion-cargo au-dessus de l'aéroport international de Mogadischio, en mars 2007. D'autres appareils chargés d'armes seraient arrivés d'Erythrée seraient arrivés en Somalie juste avant l'offensive de ce mois-ci, sur la piste d'atterrissage n°50, à 50 km au sud de Mogadischio.

"500 millions de Chinois..."

Chine_RDC.jpgDans le Courrier International de cette semaine, cet article à lire de Colette Braeckman, du quotidien belge Le Soir, qui évoque l'investissement de la Chine dans la capitale de la RDC, Kinshasa. Quand une jungle en remplace une autre...

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