mercredi, 27 mai 2009

Un hélicoptère MD 500 Defender kenyan abattu par les islamistes somaliens ?

home270509_01.jpgUn hélicoptère militaire kenyan s'est écrasé hier près de la frontière somalienne, blessant trois soldats qui se trouvaient à bord. Il s'est écrasé près de la ville frontalière d'Hulugho, lors d'un vol de patrouille. L'un des blessés est le colonel Muteti toujours soigné à l'hôpital, avec les deux pilotes également blessés dans l'incident. L'hélicoptère avait décollé de la base de Kiyungi ouverte en 2006 après la prise de Mogadischio par les Tribunaux Islamiques. A 17 km d'Hulugho se trouve la ville frontalière somalienne de Kolbio, tenue par les miliciens islamistes d'al-Shabaab.

Les autorités ont d'abord parlé d'un problème mécanique, mais d'autres sources évoquent de possibles tirs sur l'appareil, un Hughes MD 500 Defender de construction américaine, qui patrouillait avec un autre hélicoptère similaire. Bien que légèrement blindé, cet hélicoptère est normalement bien armé avec des mitrailleuses et des paniers de roquettes. Le Defender s'est écrasé sur le mur d'enceinte du commissariat de police d'Hulugho.

Cet incident intervient alors que les milices islamistes radicales somaliennes, notamment celle du mouvement al-Shabaab, mènent une offensive de grande ampleur contre le gouvernement somalien de transition (TFG). Or trois jours plus tôt, un clerc somalien  réfugié dans le camp kenyan d'Ibo avait été enlevé par 4 assaillants cagoulés qui l'avaient emmené dans un véhicule en direction de la Somalie. Le clerc était connu pour ses sermons dénonçant les activités d'al-Shabaab dans la mosquée du camp de réfugiés. On sait que les insurgés islamistes n'ont pas hésité par le passé à s'installer au sein de la zone frontalière du Kenya, dans la province nord-orientale. Le Kenya a d'ailleurs renforcé son dispositif militaire à la frontière après l'intervention éthiopienne de 2006 qui avait mis fin au régime des Tribunaux Islamiques. Le renseignement militaire kenyan suit d'ailleurs de près les combats en Somalie ; trois garnisons accueillent les soldats à la frontière, Mandera, Garissa et Wajir.


Les Kenyans craignent surtout les revendications autour de la "Grande Somalie" (récupération de toutes les terres sur lesquelles vivent des populations de langue somalie) professés par les islamistes radicaux de al-Shabaab et Hibu Islam. Le cheikh Aweys, chef spirituel de ces mouvements, ne cache pas son intention d'annexer les zones concernées au Kenya et en Ethiopie (province de l'Ogaden). Les réseaux financiers qui alimentent al-Shabaab se situent d'ailleurs pour la plupart au Kenya, pays qui sert aussi de plaque tournante pour le trafic des armes légères à destination des islamistes somaliens.

PIX1.jpgPendant ce temps, en Somalie, les combats continuent après un week-end qui a vu pour la première fois l'utilisation d'un attentat-suicide par les islamistes (7 morts dans l'explosion d'une voiture kamikaze, 6 policiers et 1 civil). Les combattants islamistes, dont certains ont été recrutés à l'étranger, utilisent maintenant des IED (Improved Explosive Devices) commandés à distance par des téléphones portables. Le cheikh Aweys, quant à lui, a déclaré que l'Erythrée soutenait l'offensive en cours contre le gouvernement somalien (sur le rôle de l'Erytrée, voir ici). Pour l'instant les 4 300 soldats de l'Union Africaine présents en Somalie (Burundi et Ouganda) se contentent de protéger les installations gouvernmentales de Mogadischio.

 

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