samedi, 08 août 2009
Al Qaïda au pays du Maghreb islamique derrière Boko Haram
C'est ce que prétendent les journaux Private Nation et The Nation. L'ex-Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat, devenu Al Qaïda au Maghreb, aurait entraîné en Algérie certains membres de la secte Boko Haram entre 2006 et 2009. Des armes auraient été acquises en Afghanistan.
Ce sont notamment 6 experts artificiers qui auraient été formés, et l'on s'explique mieux ainsi l'habile utilisation d'explosifs et autres engins incendaires par les Boko Haram pendant les affrontements de la fin juillet.
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lundi, 03 août 2009
Le péché de l'Occident
Je reviens un peu en retard -vacances obligent- sur les combats qui se sont déroulés ces derniers jours au Nigéria. L'armée nigériane a en effet écrasé les membres d'une secte, dite Boko Haram, dont le chef, Yusuf, a été capturé par les militaires durant l'assaut avant d'être remis à la police, qui jeudi dernier a annoncé sa mort pendant les combats en présentant son cadavre. Les autorités ont d'abord démenti au moyen de la photo ci-contre, avant de reconnaître la mort du chef de la secte.
Revenons un peu sur les faits. Le 26 juillet dernier, le groupe Boko Haram lance une vaste offensive contre plusieurs villes du Nigéria au nord-est du pays : Bauchi, Maiduguri, Potiskum et Yudil. Les combats ont été très violents : le 26 juillet, rien qu'à Bauchi, pas moins de 50 personnes ont été tuées et plusieurs douzaines blessées lorsque 70 membres de Boko Haram armés de fusils et de grenades s'en sont pris aux policiers et à leurs locaux. A Maiduguri, ce sont plus de 100 cadavres qui seront relevés, certains étant des civils extraits de leurs véhicules et abattus sans sommation. Le 28 juillet, les soldats assaillent le complexe du chef de la secte, Yusuf, barricadé par ses partisans, et une mosquée avoisinante, utilisés par ceux-ci dans la ville de Maiduguri. Les militaires tuent pas moins de 100 membres de la secte lors d'intenses combats de rues le 30 juillet. 3 policiers nigérians sont également tués. Les soldats pilonnent alors le complexe ennemi au mortier. Ce même jour, Yusuf est capturé et aurait été exécuté sans autre forme de procès. Le 2 août, on retrouve encore dans Maiduguri une centaine de personnes enlevées par la secte Boko Haram et enfermées dans une maison. Les combats auraient fait au moins 700 victimes rien que dans cette ville. 5 policiers ont été tués et 60 blessés pendant les combats. En tout ce sont plus de 1 000 soldats nigérians qui ont été acheminés vers le nord pour écraser les Boko Haram.
Le mouvement Boko Haram (littéralement "L'éducation occidentale est un pêché") cherche à imposer la sharia, la loi islamique, à l'ensemble du Nigéria. Il a été fondé en 2002 par Ustaz Mohammed Yusuf à Maiduguri. En 2004, il s'installe dans la ville de Kannama, de l'Etat de Yobe, et crée une base dénommée "Afghanistan", menant des attaques sur les installations de police, tuant les officiers. Yusuf s'est déclaré contre la démocratie et l'éducation laïque. A Bauchi, le groupe refuse tout contact avec le reste de la population ; renforcé par des éléments venant du Tchad voisin, il emploie exclusivement l'arabe, langue du Coran. Yusuf se dresse surtout contre la culture occidentale et la science plus que contre l'éducation à proprement parler : il rejette l'idée d'une terre sphérique, le darwinisme et d'autres acquis scientifiques depuis le XIXème siècle. Il faut noter qu'il n'a reçu qu'une éducation rudimentaire.

Revenons maintenant un peu plus longement sur les événements en question.
- manifestement l'attaque était coordonnée : elle a été lancée simultanément dans 4 Etats du Nigéria, Borno, Bauchi, Kano et Yobe, entre les 24 et 28 juillet.
- les combats ont été particulièrement violents puisque l'on peut estimer le total des morts entre 1 000 et 1 400, dont de nombreux civils. Les affrontements ont également provoqué l'exode de milliers d'habitants dans les zones de combats.
- "l'incident déclencheur" serait l'explosion d'une bombe artisanale dans la maison d'un des fondamentalistes de Boko Haram, près du complexe principal de l'organisation, dans la ville de Maiduguri, qui s'étend sur pas moins de 4 km. Suite à l'explosion, les militants, armés de fusils de chasse bricolés, d'arcs et de flèches, de cimeterres, se sont lancés à l'attaque des postes de police, des églises, des mosquées, des prisons et des bâtiments gouvernementaux. A Maiduguri, les affrontements font rage jusqu'au 30 juillet face à la garnison commandée par le Major General Saleh Maina. Yusuf, le chef de l'organisation, aurait tenté de s'échapper vers le Tchad, mais il aurait été capturé puis sommairement exécuté lors d'une "tentative de fuite". Son adjoint a péri dans le bombardement du complexe par l'armée. Pas moins de 500 membres de Boko Haram auraient été tués dans la cité.
- à Bauchi, 43 personnes ont péri dans les combats de rues, dont 1 policier et 1 soldat. L'attaque des Boko Haram est motivée ici par des disputes entre Yusuf, le chef de la secte, et des érudits islamiques locaux qui l'invitaient à débattre sur l'islam pour le ridiculiser. Yusuf, en colère, avait donc dressé une liste des personnes à éliminer dans la ville, parmi lesquelles se trouvaient certains des contradicteurs en question. La police a tendu une embuscade aux Boko Haram à partir de tranchées camouflées construites à Dutsen Tanchi, aux marges de la ville de Bauchi, où se trouve le complexe de la secte. 30 partisans de Yusuf échappent cependant à l'embuscade et attaquent le poste de police ; l'un d'entre eux est tué, un autre blessé, beaucoup d'autres sont capturés dont un enfant de 7 ans : son père a été tué par la police. En tout 40 Boko Haram sont tués et 179 personnes arrêtées. Des listes de personnes à éliminer ont été saisies. Le gouverneur a ordonné la démolition des bâtiments de la secte, situés près d'un aérodrome. Les autorités pensent que les débats avec les érudits islamiques ont précipité l'attaque à Bauchi.
- il semble bien que Yusuf, le chef de la secte, n'ait pas été pris au sérieux par les autorités ; les forces de police l'avaient arrêté au moins deux fois, et il avait toujours été relâché. Yusuf avait pourtant réussi à bâtir une organisation solide, largement constituée de jeunes en rupture de ban, en échec scolaire, ou bien alors non employés après un parcours universitaire des plus classiques. Yusuf les a endoctrinés en rejetant leur échec sur le pays, incapable selon lui de leur donner un avenir, en raison de l'influence de la culture occidentale et de la non-mise à leur disposition des ressources du Nigéria. Pour lui, la seule solution était de jeter à bas l'Etat et ses institutions par des attaques violentes menées avec des armes assez sophistiquées puisque le groupe disposait de fusils d'assaut AK-47 et même de lance-roquettes RPG-7. Manifestement, les membres de la secte avaient reçu un entraînement à la guérilla, certains avançant même l'hypothèse d'un soutien logistique d'Etats voisins. C'est ce degré d'organisation qui explique par exemple comment les disciples de Yusuf, croyant que leur mort les conduirait au paradis, ait pu tenir les policiers en échec à Bauchi au moyen de barrages érigés dans la ville ; il fallut le renfort des soldats pour écraser l'insurrection.

- à Wudil, autre ville attaquée par Boko Haram, l'offensive était planifiée : à un assaut contre le poste de police le 28 juillet ont succédé d'intenses combats urbains le lendemain où 50 Boko Haram ont trouvé la mort. Les forces de sécurité ont aussi arrêté une jeune fille de 14 ans qui combattait parmi les membres de la secte, qu'elle avait rejoint à l'invitation de son oncle. Le leader local dans l'Etat de Kano, Salisu Al-Amin Aljasawi, a réussi à s'enfuir pour rejoindre Yusuf à Maiduguri. Ici aussi l'attaque était très organisée : 300 membres de la secte s'étaient regroupés près du complexe de Boko Haram pour détruire le poste de police à 2 km de là, mais les policiers, prévenus, les ont repoussés. Ils ont récupéré les armes abandonnées par les assaillants : arcs et flèches, dagues, couteaux, fusils de fabrication artisanale et du matériel destiné à fabriquer des engins explosifs : nitrate de potassium, souffre et charbon de bois. 3 assaillants ont été tués et 2 blessés et capturés, avant de mourir pendant leur détention. 3 policiers ont été blessés par des tirs d'AK-47. Deux heures après la fin des combats, les policiers ont accompagné un bulldozer qui a rasé les bâtiments du complexe Boko Haram. Aljasawi s'était installé il y a 9 ans à Wudil, profitant du legs d'une terre par une riche donatrice de la cité. Son complexe servait de relais entre le Kano et le QG de Yusuf à Maiduguri. Comme souvent dans le cas des assauts de Boko Haram, l'attaque contre le poste de police était sans doute destinée à s'emparer d'armes et de munitions. Encore une fois, la capacité de nuisance d'Aljasawi paraît avoir été sous-estimée par les autorités locales, bien que la police soit parfaitement renseignée sur les desseins de la secte, ce qui explique la victoire assez rapide face à l'assaut. D'ailleurs le Service de Sécurité de l'Etat a été déployé dans les lieux des combats pour débusquer les derniers reliquats de la secte ; il est fort probable que l'excellence du renseignement de la police et de l'armée nigérianes viennent de là.
- d'autres attaques ont avorté, comme celle dans l'Etat de Katsina, à Danja, où les Boko Haram ont été mis en fuite en abandonnant de l'essence destinée à brûler le poste de police local. Dans l'Etat de Kaduna, le gouverneur lance préventivement l'opération Yaki après les combats dans Bauchi, et 21 personnes sont arrêtées. L'Etat de Sokoto procède lui aussi à l'arrestation de 5 personnes, dont un ancien professeur du département des études islamiques de l'université d'Etat.
- le gouverneur de l'Etat où se situe la ville de Bauchi a déclaré que le problème devait être résolu au niveau national. D'après lui, les Boko Haram prévoyaient de s'en prendre d'abord aux églises pour déchaîner un affrontement entre chrétiens et musulmans. C'est en sens qu'il qualifie l'attaque de terroriste. Par ailleurs, le gouvernement prétend que la secte aurait cherché à empoisonner certains points d'eau dans la ville de Bauchi.
- la destruction du groupe Boko Haram est le symbole, pour beaucoup de penseurs et d'hommes politiques nigérians, d'une "faillite de l'Etat". Certaines autorités politiques et religieuses s'en sont pris aux manquements du gouvernement fédéral, qui ne veille pas assez, selon eux, à l'éducation des jeunes. Certains représentants islamiques de l'Etat du Borno avaient mis en garde le gouvernement contre la secte Boko Haram. Beaucoup d'auteurs dénoncent aussi l'exécution du chef de la secte et de son financier, Alhaji Buji Foi, qui privent le pays d'explications plus approfondies sur les origines des violences religieuses dans le nord-est du Nigéria. Un analyste parle même de faillite des élites, en sus de la pauvreté et de l'ignorance trop présentes au nord du Nigéria : le voyage du président nigérian au Brésil au coeur de la crise est particulièrement critiqué.
- enfin, il faut rappeler que les affrontements violents dans le nord du Nigéria se sont multipliés depuis le début du XXIème siècle. En 2000, des milliers de personnes avaient été tuées lorsque les non-musulmans s'étaient élevées contre l'introduction de la sharia dans l'Etat de Kaduna. En septembre 2001, à Jos, chrétiens et musulmans se battaient à coups d'incendies de mosquées ou d'églises, après des prêches violents prononcés par les imams. En mai 2004, des centaines de musulmans Fulanis avaient été exécutés par une milice. Le même mois, des combats urbains opposaient chrétiens et musulmans dans l'Etat du Kano. En février 2006, suite à l'affaire des caricatures danoises de Mahomet, 157 personnes avaient perdu la vie dans des émeutes à Maiduguri. En novembre 2008, des gangs chrétiens et musulmans dressés les uns contre les autres au sujet d'une élection locale provoquaient la mort de quelques 400 personnes à Jos. Le 22 février 2009, le gouverneur de l'Etat où se situe la ville de Bauchi avait dû imposer un couvre-feu, après la mort de 11 personnes. 28 personnes avaient été blessées, des maisons, des mosquées et des églises réduites en cendres.
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jeudi, 04 juin 2009
Prison Break
Spectaculaire évasion au Nigéria : 150 détenus se sont enfuis de la prison de haute sécurité d'Enugu à minuit, au prix d'un mort (tombé sur la tête en chutant du mur d'enceinte), tout en blessant les gardiens. C'est le premier acte de ce genre depuis l'ouverture de la prison en 1924. 3 femmes de la section des détenus féminins (33 individus), ou des femmes gardiens (difficile d'être clair, les versions sont contradictoires) auraient été violées par les assaillants, dont la plupart étaient en cellule en attente de leur procès. Les cerveaux de l'opération ont entamé les toits de leurs cellules dans le quartier des détenus en attente de jugement, pour bondir en groupes et escalader les murs avant de disparaître dans la ville. Quelques officiels de la prison ont tenté de s'interposer pour se voir attaquer avec tout objet contondant présent entre les mains des évadés. 5 gardiens ont été blessés et la direction de la prison a alors fait appel à la police et à l'armée qui ont mené des patrouilles en ville, reprenant certains des évadés. 130 auraient été capturés selon les autorités, mais seulement 20 selon d'autres sources. Les policiers auraient volontairement tiré dans les deux jambes des prisonniers pour les empêcher de fuir, l'un d'entre eux mourrant d'hémorragie des suites de ses blessures. Sur les 987 détenus de la prison, pas moins de 724 étaient en attente de jugement, 77 sont des condamnés à mort et le reste est incarcéré pour un nombre plus ou moins variable d'années. Les évadés du jour se recruteraient dans la première catégorie uniquement. L'évasion serait due au délai trop long du jugement pour ces prisonniers (incarcérés depuis deux ans pour certains), dont tous les effets personnels ont été détruits après leur reprise.
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| Tags : prison, évasion, combat |
Péage SVP
Les officiers de police du Nigéria ont bien du mal à se départir de certaines pratiques bannies par le gouvernement du pays. Ainsi, des barrages routiers soi-disant installés pour arrêter des criminels servent en fait à prélever des "péages"... au bénéfice des policiers. Les conducteurs de bus et les motocyclistes sont les victimes principales de cette extorsion. La taxe une fois réglée, surtout de nuit, permet d'obtenir un numéro servant à passer les différents barrages de la route. Les prétextes fallacieux abondent : rouler contre le trafic, non enregistrement du véhicule, absence de licence valide...
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| Tags : police, corruption |
Les combats continuent dans le delta du Niger
Les combats se poursuivent dans le delta du Niger. La marine nigérianne a tué 7 combattants lors d'une opération de secours sur les rivières Isaka et Bakana. Un patrouilleur a volé à la rescousse de petites embarcations rançonnées sur ces cours d'eau. Les assaillants, surpris, ont ouvert le feu sur les marins qui ont répliqué, tuant 7 agresseurs. Les armes capturées sont 3 AK-47, un fusil à pompe Falcon et un autre fusil, plus 65 munitions. L'action s'est déroulée non loin de la ville de Port Harcourt.
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