mardi, 04 août 2009

Al-Shabaab en Australie

17466552-600x400.jpgLa police australienne est intervenue ce matin contre une cellule terroriste basée près de Melbourne et qui envisageait une attaque sur une base de l'armée. Près de 400 membres des forces de police ont été engagés pour arrêter 4 personnes (toutes citoyens australiens) suspectées de vouloir procéder à une opération suicide en tirant à vue jusqu'à ce qu'ils soient tués, en abattant le plus grand nombre de soldats dans une installation de l'armée australienne. Les personnes appréhendées, d'origine libanaise ou somalienne, auraient des liens avérés avec plusieurs groupes islamistes somaliens, dont Al-Shabaab. Deux personnes se seraient spécialement déplacées de Somalie pour participer à l'opération mise au point sur place, après avoir reçu un entraînement spécial de l'organisation somalienne. Initialement, les membres de la cellule prévoyaient de partir combattre en Somalie, puis se sont rabattus en désespoir de cause sur l'attentat en Australie. La cible était les baraquements militaires de Holsworthy situés dans le nord-ouest de la banlieue de Sydney. Les forces de sécurité impliquées étaient l'Australian Federal Police, la NSW Police, la NSW Crime Commission et l'Australian Security Intelligence Organisation.

800px-Holsworthy_Barracks_NSW_Australia_20070223.jpgLa base d'Holsworthy, cible de l'attaque projetée, abrite plusieurs milliers de soldats de l'armée australienne (c'est la quatrième du pays par la taille, on y trouve par exemple le 3rd Battalion du Royal Australian Regiment) et surtout une unité anti-terroriste : le 2nd Commandos Regiment. La limite est de la base est voisine d'une centrale nucléaire. La police surveillait la cellule depuis 7 mois environ ; l'opération "Neath" déclenchée ce matin est donc l'aboutissement d'un long travail de renseignement, où les policiers ont repéré les membres du groupe en observation autour de la base, tout en surprenant des conversations électroniques mentionnant les moyens d'acheminer des armes et la meilleure façon de les utiliser pour une attaque terroriste en Australie.

Les réfugiés somaliens en Australie sont nombreux et leur intégration pose problème ; les jeunes en recherche d'identité sont parfois poussés par leurs parents vers une pratique fanatique de la religion islamique. La plupart des immigrés ont souvent un haut niveau de diplômes mais se retrouvent à faire des travaux ingrats ou difficiles, comme ceux dans l'agriculture ou bien encore celui de chauffeur de taxis. De plus en plus de jeunes Somaliens immigrés se retrouvent dans les prisons australiennes en raison de leur recrutement par les trafiquants de drogues. En 2006, un recensement dénombraient plus de 4 000 Somaliens en Australie, dont 2 600 dans le Victoria.

HolsworthyBarracksMap_imgw236.jpgL'Australie n'est pas le seul pays concerné par la radicalisation des immigrés somaliens ; aux Etats-Unis, plus de 20 Somaliens ont quitté leurs maisons du Midwest pour rejoindre les rangs d'Al-Shabaab en Somalie. Les Somaliens sont devenus un des principaux terreaux de recrutement pour les islamistes radicaux depuis l'invasion éthiopienne de leur pays, soutenue par les Etats-Unis et l'Australie, en décembre 2006.

samedi, 23 mai 2009

La Somalie dans la ligne de mire de l'armée éthiopienne ?

ODEJAVU_G1_L.gifArticle intéressant de Scott Baldauf dans The Christian Science Monitor.

- des soldats éthiopiens se seraient bien infiltrés en Somalie, dans la région frontalière de Beletweyne, creusant des positions retranchées et établissant des postes de contrôle près de la ville de Kalabeyr, près de 20 km à l'intérieur du territoire somalien.

- l'Ethiopie intervient ainsi en Somalie non pas tant pour soutenir un gouvernement chancelant que pour contrer toute vélléité irrédentiste sur l'Ogaden, une région aujourd'hui éthiopienne , peuplée de Somalis, mais très disputée dans le passé entre les deux pays, lors de plusieurs conflits. Or le cheikh Aweys, l'un des chefs spirituels des insurgés islamistes somaliens, est connu pour vouloir ressusciter la "Grande Somalie" de Siad Barre.

- c'était peut-être là l'une des raisons de l'empressement éthiopien à intervenir contre les Tribunaux Islamiques en 2006, avec l'appui américain. Résultat : effondrement des Tribunaux Islamiques devant les 3 000 soldats éthiopiens, fuite du gouvernement à l'étranger, mais réorganisation des miliciens islamistes en unités plus petites menant une véritable guérilla. Bilan : retrait de l'armée éthiopienne en décembre 2008, revendiquant 2 à 3 000 islamistes tués, tandis que les militants des droits de l'homme parlent de 16 000 victimes civiles dans les combats.


- l'opération actuelle vise surtout à faire comprendre au président somalien qu'il ne doit pas laisser la milice al-Shabab s'emparer du pouvoir. Les Ethiopiens ne veulent pas s'enliser une fois de plus en combat urbain dans Mogadischio. L'armée éthiopienne mène d'ailleurs des incursions en territoire somalien en dépit de son retrait de décembre 2008. L'avancée de ces derniers jours intervient quelques heures seulement après la prise de la ville de Jowhar par les insurgés, qui coupe l'accès au nord du pays pour les forces gouvernementales basées à Mogadischio.

- le président somalien Sharif est confronté à un véritable dilemne : sa faible position politico-militaire qui empire d'heure en heure le sauve en quelque sorte, car elle le pourvoit d'un probable soutien extérieur pour se maintenir en place ; facteur qui peut par contre lui aliéner un peu plus la population somalienne. Quant aux Ethiopiens, leur intervention devra être plus ciblée que les précédentes, en décapitant par exemple la milice al-Shabab, pourquoi pas ? avec l'aide des Américains. Le mieux pour eux étant de ne pas intervenir directement, puisque toute agression éthiopienne ne fait que ressouder les Somaliens contre l'envahisseur étranger. On pourrait ainsi voir se développer en Somalie un scénario similaire à celui du Puntland ou du Somaliland.

samedi, 16 mai 2009

Jack Sparrow en mer Rouge ? "Silence, on meurt en Somalie.".

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Deux articles intéressants à lire dans The Guardian.

Le premier fait le point sur les combats qui ensanglantent Mogadischio depuis plus d'une dizaine de jours maintenant. Les insurgés islamistes qui affrontent les forces gouvernementales seraient soutenus par 280 à 300 combattants étrangers, à la fois des mercenaires et ce que l'on pourrait appeler "des idéologues".

Les combats qui ont fait plus de 100 morts sont en fait l'expression de rivalités entre islamistes somaliens, la ligne modérée étant au pouvoir depuis le début de l'année, parallèlement au retrait des troupes éthiopiennes, et s'oppose à la ligne dure, menée par le Cheikh Aweys, anciennement réfugié en Erythrée et revenu en Somalie il y a peu. Il semblerait que des troupes gouvernementales aient fait défection pour rejoindre les rangs des insurgés : la télévision a montré ces derniers paradant avec 17 véhicules amenés par les déserteurs en question. Les insurgés auraient aussi pris le contrôle de deux bâtiments gouvernementaux servant d'entrepôts d'armes, dont le stade de Mogadischio. Selon les témoins fuyant les combats, la bataille serait encore plus intense que celle consécutive à l'invasion éthiopienne de 2006. L'application de la charia et l'élection d'un gouvernement islamiste modéré n'ont pas suffi à faire rendre les armes aux islamistes les plus acharnés.

Pendant que les Somaliens s'affrontent à coups d'armes automatiques dans les rues de Mogadischio, Hollywood planche sur un prochain film retraçant le parcours d'Andrew Mwangura, intermédiaire contesté entre les pirates somaliens et les otages. Dans le rôle titre : Samuel L. Jackson. Je vous laisse réfléchir à ce singulier parallèle, entre une guerre civile qui n'en finit plus et pour laquelle on ne réfléchit et on n'intervient peut-être pas assez chez nous, et les ambitions cinématographiques américaines...

Le thème des "pirates" a d'ailleurs le vent en poupe ces temps-ci ; outre le cinéma, on en fait même des jeux sur le net. Il se trouve que je fréquente régulièrement le site Jeux.com, pour me défouler dans la catégorie "Tir/Combat". Or dans les derniers jeux gratuits proposés, on en trouve qui sont inspirés du problème des pirates somaliens. 2 exemples :


- Foxy Sniper : Pirates Shootout, suite d'un jeu de sniper, ayant pour thème la piraterie somalienne.

- Blackbeard Down, création ironique sur le thème "pirate", dans le golfe d'Aden.