mercredi, 05 août 2009
Bir Hacheim
Je signale le blog de Jean-Luc Synave, Bir Hacheim, que je consulte par intermittence depuis un moment maintenant. Son auteur, Jean-Luc Synave, écrit notamment beaucoup de fiches de lecture sur des ouvrages traitant de périodes variées de l'histoire militaire (surtout en histoire contemporaine ; dernièrement, sur la campagne de Birmanie pendant la Seconde guerre mondiale).
Je le rajoute donc à ma liste.
Photo : La 1ère BFL en première ligne à Bir Hakeim (26 mai-11 juin 1942). Un canon de 75 et ses servants.
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vendredi, 31 juillet 2009
Histoire et images médiévales thématique n°17 : Guerre et fastes. Les ducs de Bourgogne 1363-1477
Je signale le dernier numéro thématique d'Histoire et images médiévales -une revue que j'avais arrêté d'acheter il y a un certain temps, mais qui est de bonne qualité- traitant des 4 légendaires ducs de Bourgogne. Le numéro est largement piloté par Bertrand Schnerb, le grand spécialiste français de la question, qui signe d'ailleurs l'éditorial et 2 des 11 articles. Ce magazine est particulièrement bien illustré.
Pour information, à l'oral de l'agrégation d'histoire, il y a eu un sujet de hors programme intitulé "L'Etat bourguignon 1363-1477", un intitulé qui correspond d'ailleurs à l'un des livres de Bertrand Schnerb que vous pouvez retrouver en format de poche chez Perrin, dans la collection Tempus.
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lundi, 13 juillet 2009
L'Histoire n°344 : La Russie d'Ivan Le Terrible à Poutine
"Autocratie, Orthodoxie, Empire". Cette formule d'un ministre du tsar résumant la politique russe en 1832 semble bien être le credo de ce dernier numéro de L'Histoire qui évoque la Russie d'Ivan le Terrible à nos jours. Il faut lire l'introduction qui vaut son pesant de cacahuètes, se demandant ce qu'avait "de génétiquement russe" le totalitarisme stalinien. On a l'impression de relire le marquis de Custine à un siècle et demi de distance alors que Sophie Coeuré démonte justement cette construction littéraire quelques pages plus loin. C'est déjà assez révélateur en soi.
Dans le détail, on peut déjà contester ce parti pris qui fait commencer la Russie à Ivan le Terrible. Et quid de la Rous' médiévale, brièvement évoquée au début du numéro ? De l'implantation des Slaves ? Décidément, l'histoire russe ne commencerait qu'avec ce tsar dantesque qui a marqué les mémoires... et les imaginations. C'est peut-être le drame de l'histoire russe... vue par les étrangers.
La revue se divise en quatre parties. Dans la première, intitulée "La terre et les hommes", on a droit tout d'abord à une présentation géographique par Denis Eckert -au demeurant très intéressante- qui ressemble fort à ces prologues accordés à la géographie pour remplir des pages, ce qui est peu flatteur pour la discipline d'ailleurs. Les articles sur la définition du Russe et sur le servage au XIXème siècle sont déjà plus cohérents. Mais arrive ensuite un énième article de Nicolas Werth... qui dépeint en long en large et en travers la "catastrophe agricole soviétique". Comme de coutume, tout est très noir chez Werth. La famine en Ukraine ? Sciemment orchestrée par Staline et ses larbins, alors que la question reste historiographiquement très débattue et d'une brûlante actualité (cf le Parlement européen face à l'Holodomor). La collectivisation ? Un second servage, bien sûr. Bref, ce numéro commence sur les chapeaux de roue.
Les trois parties suivantes correspondent en fait au triptyque que je mentionnais tout à l'heure et qui figure d'ailleurs sur la couverture, à côté de "l'effrayante" fresque (choisie à dessein ?) d'Ivan le Terrible. Ca fait peur, ma foi, tout ça... mais le propre de la Russie n'est-il pas de faire peur, depuis toujours ? Ces Russes sont des autocrates nés, cela va sans dire. Heureusement, l'article de Pierre Gonneau éclaire un peu mieux la réalité que celui sur la splendeur des Romanov, dont le titre résume à lui seul le propos. On trouve quand même des éléments intéressants comme le démontage du récit de Custine ou l'échec d'une réforme politique décrite par Wladimir Berelowitch. Mais arrive alors Stéphane Courtois, autre grand ponte érigé en juge de l'expérience soviétique. Là, c'est le pompon : "En 1914, l'avenir s'annonce radieux pour l'empire des tsars...". Le ton est donné. Pauvres tsars, pauvre Nicolas II ! Quelle retenue face aux opposants, alors que la Russie est ravagée par une vague d'attentats révolutionnaires ; quelle politique mesurée : quasiment personne envoyé en prison et une police politique finalement cantonnée à la poursuite des agitateurs... avec les bolcheviks, fini l'âge d'or : la Tchéka, le goulag, les famines organisées, le culte de la personnalité, les purges, le modèle totalitaire exporté au monde entier. On a vite fait le tour de la Russie et de l'URSS, avec M. Courtois... heureusement, l'on termine avec cette analyse intéressante de Natacha Laurent sur le film d'Eisenstein, Ivan le Terrible, et sur cet entretien avec Leonid Sedov, qui a l'avantage de rééquilibrer l'analyse en faisant intervenir... les Russes, principaux intéressés.
Nous voici arrivés à l'âme russe. Terme que Hélène Carrère d'Encausse récuse, justement... le mot qui caractériserait le mieux la Russie ? Russie (sic). Quant à l'Eglise orthodoxe, il semble bien que son destin n'ait été autre que d'être persécutée par les tsars et les bolcheviks... heureusement, le dialogue avec Georges Nivat fait bien le tour du "cas Soljenitsyne", au demeurant assez original dans sa catégorie.
La dernière partie sur l'Empire est peut-être la plus équilibrée : Marie-Pierre Rey reprend le propos de son Carré Histoire sur la construction impériale, Sabine Dullin évoque, de manière un peu rapide, le mythe de la Grande guerre patriotique, et Michel Foucher fait le point sur la place de la Russie aujourd'hui, dans le concert des puissances mondiales.
Bon, j'ai un peu forcé le trait. Mais il n'en demeure pas moins que la construction même de ce numéro de L'Histoire est orientée. Ne peut-on pas être un peu plus original lorsqu'il s'agit de la Russie ? Pourquoi n'a-t-on pas de contrepoint historiographique aux monstres (au sens imposants) totalitaires que sont Nicolas Werth et Stéphane Courtois ? Evidemment, et ce ne sera une surprise pour personne, je pense ici à M. François-Xavier Nérard, dont j'ai suivi l'enseignement à l'université de Bourgogne, qui a déjà écrit pour l'Histoire et dont un article au moins aurait été bienvenu pour compenser un point de vue des plus monolithiques. Dommage en tout cas d'être passé à côté d'un si beau sujet, qui visiblement mérite encore d'être creusé, du côté de la revue de vulgarisation historique par excellence.
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vendredi, 10 juillet 2009
Agrégé !
Me voila agrégé d'histoire ! Les résultats sont tombés sur le site Publinet il y a une heure environ.
Je suis classé 81ème sur 84, je suis donc passé juste ; à Dijon nous sommes deux agrégés d'histoire cette année, avec ma collègue Anne-Lise, une réussite qui ne s'était pas vue depuis longtemps (le dernier agrégé remonte sans doute à une dizaine d'année avant 2009). J'ai une pensée pour mes deux autres collègues admissibles, Yann et Cyril, qui n'ont pas eu le concours cette fois. Gageons qu'ils l'auront sous peu, l'an prochain dans l'idéal !
Autre pensée aussi pour Julie Marquet, une fille rencontrée pendant les oraux de l'agrégation et qui passait juste après moi puisque nous nous suivons dans l'alphabet. Elle a eu l'agrégation également, et beaucoup mieux classée que moi (23ème).
Pour rentrer un peu plus dans les détails, voilà mes notes.
Ecrit (4 épreuves coefficient 1):
Dissertation d'histoire 1 (Les grains dans la cité de 478 à 88 av. J.-C.-Grèce continentale, îles de l'Egée, cités côtières d'Asie Mineure). : 9/20.
Dissertation d'histoire 2 (Tuer au nom de Dieu en Europe, du milieu du XVIème siècle au début du XVIIème siècle) : 8,5/20.
Explication de texte (Extraits de la chronique de l'abbaye de Saint-Hubert-en-Ardenne, rédigée avant 1106) : 16/20.
Géographie (Nourrir les riches, nourrir les pauvres) : 5/20.
Total : 38,5 (barre d'admissibilité à 33,5).
De l'écrit, je retiens de cette année que j'avais assez bien senti ma prestation moyenne : je suis seulement 5 points au-dessus de la barre d'admissibilité. Je suis surpris par la note en histoire ancienne, plus élévée que je ne pensais, alors que je m'attendais à plus en histoire moderne. La très bonne note en commentaire de texte est aussi une surprise : je partais confiant, mais je ne pensais pas taper aussi haut. Cela confirme en tout cas ma bonne tenue en commentaire de document à l'écrit, que j'avais déjà pu constater en essayant l'écrit de l'agrégation l'an passé (discours de Margaret Thatcher au collège de Bruges). En géographie, je suis plus faible comme de coutume. Là je dois vraiment travailler.
Oral (3 épreuves coefficient 2) :
Leçon d'histoire (Les Juifs dans l'Occident médiéval, du concile de Latran IV à la fin du Moyen Age) : 13/20.
Histoire (extrait du Panathénaïque d'Isocrate, les Spartiates vus par les Athéniens au IVème siècle) : 3/20.
Géographie (Les huîtres dans le monde et en France, de la production à la consommation) : 8/20.
Total : 48
Total définitif : 86,50 (barre d'admission 85,50).
Concernant l'oral, j'ai obtenu ma meilleure note en hors-programme, épreuve où effectivement j'étais le plus doué en entraînement. En document d'histoire, pas de chance : j'ai eu de l'histoire ancienne, sujet qui me plaisait le moins, mais je ne pensais avoir été si mauvais (!). En géographie par contre, comme au CAPES, la note est supérieure à mes attentes, ce qui montre bien la possibilité d'engranger facilement des points ici.
Dans l'ensemble, que retenir de cette préparation à l'agrégation d'histoire 2008/2009 ?
- c'est un concours difficile, qui exige une culture solide, qui ne s'acquiert pas l'année même du concours : ce n'est que l'aboutissement d'années de lecture et de travail à l'université.
- l'écrit permet certes de franchir la première étape mais n'est en rien décisif : j'en suis l'exemple vivant, et cela valait déjà pour le CAPES l'an passé. Il autorise à engranger une certaine avance, qui ne préjuge pas du résultat final. Mon collègue Yann avait presque 10 points de plus que moi à l'écrit.
- l'oral est essentiel : il suppose un entraînement préalable régulier et maximum si possible. Il faut savoir respecter la forme imposée, c'est indispensable. Deux éléments m'apparaissent importants à la lumière de mon expérience : les illustrations, qui doivent se soigner plus qu'au CAPES, et surtout les recherches à effectuer pendant la préparation afin d'être capable de répondre aux questions du jury. Tous ces élements que je n'ai pas respectés expliquent ma mauvaise note en document d'histoire, par exemple.
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| Tags : agrégation, histoire, concours |
jeudi, 09 juillet 2009
Nicolas GRIMAL, Histoire de l'Egypte ancienne, Références, Paris, Fayard-Le Livre de Poche, 1988, 668 p.
Un autre livre que je lisais pendant les oraux de l'agrégation. Pour l'épreuve dite hors-programme, une fille qui passait juste après moi dans la journée a d'ailleurs eu à traiter Pouvoir et religion en Egypte à la haute époque, si je me souviens bien.
Nicolas Grimal fait ici une petite synthèse -en 500 pages bien tassées tout de même- de l'histoire égyptienne antique jusqu'à la conquête du pays par Alexandre dans les années 330 av. J.-C. . Le point fort de l'ouvrage est incontestablement son illustration : de nombreuses photos, cartes, plans ou reproductions accompagnent le texte, en phase avec celui-ci, et c'est suffisamment rare dans la production française pour que cela mérite d'être souligné et apprécié.
Le point faible : la volonté de synthèse est telle que Nicolas Grimal passe très vite sur les pharaons et le jeu politique -souvent mal connu faute de sources, d'ailleurs-, ce qui aboutit parfois à donner une impression de catalogue assez monotone. D'ailleurs, l'historien s'intéresse beaucoup aux conceptions funéraires et à l'architecture égyptienne et à son symbolisme, qui se font parfois un peu trop envahissants au détriment de l'histoire événementielle et même sociale proprement dite. Mais c'était peut-être là l'un des buts du livre.
Néanmoins c'est un ouvrage bon à lire et qui permet d'en apprendre beaucoup sur l'Egypte ancienne.
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mercredi, 27 mai 2009
Jean SELLIER, Atlas des peuples d'Afrique, Paris, La Découverte, 2005, 208 p.
Voilà un ouvrage indispensable pour se mettre l'histoire et la géographie du continent africain dans la tête, et combler ses lacunes -qui étaient nombreuses pour moi.
L'auteur, Jean Sellier, justifie dans son avant-propos l'emploi du mot peuple pour contrebalancer l'usage actuel, dénaturé, du terme ethnie. L'analyse tourne d'ailleurs autour des langues parlées en Afrique, au nombre de 1 500 environ. L'ouvrage se focalise également sur l'histoire du continent avant la colonisation et pendant la période contemporaine, au moment de l'après-décolonisation, pour éviter de tomber dans le travers occidental qui consiste à ne parler, justement, que de la colonisation et de ses suites (chronologiquement la répartition est de 40 % pour la période pré-coloniale, 20 % pour la période coloniale, et 40 % pour la période post-coloniale).
75 cartes illustrent une présentation d'abord historique de l'ensemble du continent, puis une analyse régionale en 6 secteurs : vallée du Nil, Ethiopie et ses voisins, Maghreb, Afrique de l'Ouest, Afrique bantoue et enfin Madagascar et les îles. La lecture est parfois un peu fastidieuse puisque on trouve une histoire par pays, par exemple, dans la période post-coloniale, un peu répétitive parfois dans la forme. Mais il faut bien en passer par là pour acquérir les bases sur ce continent, et j'ai découvert beaucoup de choses relatives à l'histoire de certains Etats que j'ignorais complètement. Une bibliographie sélective par zone géographique permet de creuser la question si besoin.
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| Tags : afrique, histoire, géographie, conflits |



