dimanche, 12 juillet 2009

Assassin's Creed

1247325112paasita11.jpgDes meurtres en série sèment actuellement la terreur dans 4 districts de l'Ouganda. Ces 5 derniers mois, 66 personnes ont été tuées. La région du Masaka est particulièrement touchée avec 31 victimes, dont 13 dans le seul sous-district de Kanyamukaka.

Toutes les victimes sont attaquées de nuit, égorgées ou hachées à coups de machette sans que rien ne soit volé. La police prétend que les assassinats relèvent de criminels de droits commun, mais de mystérieux inconnus répandent des tracts affirmant que ces meurtres sont l'oeuvre d'un groupe rebelle qui milite pour un statut fédéral du Buganda, une province de l'Ouganda. Tous ces tracts sont signés du nombre 666, communément associé au Diable, et à la Bête dans l'Apocalypse.

Dans trois sous-comtés adjacents, le phénomène est particulièrement présent. 3 notables de Matete ont été tués la même nuit, et dans deux cas le meurtre a été suivi du pillage de la maison de l'intéressé. Parmi les 3 morts figurent un médecin et un commerçant notoire de la ville. Le sous-comté de Kanyamukaka touche les lacs Victoria et Nabugabo, ce qui favoriserait les infiltrations nocturnes amphibies.

Sur place, on pense à un groupe rebelle anti-gouvernemental en raison de la méthode employée. Tous les morts ont été retrouvés avec une machette ou un couteau à proximité, alors que les assaillants sont visiblement porteurs d'armes à feu qu'ils n'utilisent pas. Le but selon les autorités serait d'effrayer la population et d'empêcher les déplacements nocturnes pour que les rebelles puissent opérer tranquillement de nuit. Par ailleurs, un policier a été dépossédé de son arme par trois individus déguisés pour mieux l'agresser. Résultat : les rues de Kanyamukaka ne comptent même plus d'ivrognes à la nuit tombée.

Ce n'est pas la première fois qu'un groupe optant pour le fédéralisme oeuvre dans la région. Dans les années 80, le Mouvement Fédéral pour l'Ouganda d'Andrew Kayiira combattait le gouvernement de Milton Obote, avant d'être intégré dans l'Armée de la Résistance Nationale. Au début des années 90, Herbert Kikomeko avait dirigé un autre groupe vite éradiqué par l'armée. La police maintient la thèse de criminels de droit commun : plusieurs stations services ont été attaqués par des braqueurs et les gérants, à chaque fois, exécutés, entre novembre 2008 et mai 2009. Des policiers d'unités spéciales et des militaires ont été dirigés en renfort sur la zone victime des exactions.